Témoignage Jean Paul et Jean Baptiste AP4-1

By 1 juin 2013Non classé

Jean Paul et Jean-Baptiste, paysans pisciculteurs

Qui

Jean Paul et Jean-Baptiste, paysans pisciculteurs d’un petit village de Madagascar

Projet

Intégrer des poissons dans les rizières

Localisation

Madagascar – Région du Vakinankaratra

C’est dans la parcelle rizipiscicole d’un petit village nommé Marovano, Commune Rurale de Vinany, que Jean Paul (dit Ra Paoly) nous explique ce qu’est un paysan pisciculteur relais face à son rôle de diffuseur de technique piscicole.

Les premières formations se sont déroulées comment ?

J’ai déjà vécu plusieurs étapes : il est à noter qu’avant de connaitre l’APDRA, j’étais déjà pisciculteur. J’étais passionné par la pisciculture, et j’achetais des alevins chez les autres alevineurs pour les faire grossir dans mes rizières. Puis, en connaissant l’APDRA, j’ai reçu des formations sur le grossissement et la production d’alevins, ce qui m’a poussé à persévérer dans la pratique de la rizipisciculture.

Actuellement, c’est ma troisième année dans cette activité. Puis, il y a eu des visites d’échanges organisées par l’APDRA avec les autres collègues pisciculteurs venant d’autres endroits. Cela a consisté à étudier la réalité vécue par les pisciculteurs dans la Région de la Haute Matsiatra : Safata, Beronono d’Andoharanomaintso, Ambatomisibiby,… On a constaté un apport bénéfique considérable, nous incitant par la suite à continuer et à élargir nos activités, pour nous comme pour les riverains, car le fait d’avoir beaucoup de pratiquant dans le domaine est aussi profitable.

Comment vivre le rôle de « pisciculteur relais »?

Comme son nom l’indique, il doit être le modèle pour la société concernant son activité. C’est à partir de ce qu’on a pu réaliser que les autres prennent exemple, en les incitants à pratiquer la pisciculture. J’exerce ce rôle depuis trois mois maintenant. Psychologiquement parlant, j’ai la volonté de toujours mieux faire et d’effectuer plus d’efforts. Sur le plan commercial, je constate que mes alevins deviennent de plus en plus reconnus et recherchés sur le marché.

D’éventuels problèmes ?

Je ne suis paysan pisciculteur relais que depuis cette année, je n’ai donc pas encore eu l’occasion d’en affronter. Actuellement, je m’efforce de regrouper les riverains, de les former sur la manière de pratiquer la pisciculture en rizière ou en étang. Mais vu le manque de temps, j’ai des collègues qui me prêtent main forte pour partager l’expérience de la pisciculture. Comme je l’ai déjà dit auparavant, la pisciculture me passionne, et le développement de la rizipisciculture au sein de la société, dans la Commune puis dans tout le District, est mon plus grand défi.

Jean-Baptiste a défié son père de réaménager sa rizière pour lui prouver les avantages de la rizipisciculture !

Jean-Baptiste loin de la formation d’APDRA

La Commune de Vinaninkarena ne connait la production de carpe que depuis 2011 lorsqu’APDRA est arrivé dans la zone.

Jean-Baptiste n’était pas parmi ceux qui ont assisté à la formation en grossissement que réalisait APDRA. Intéressé mais retenu par les travaux de champ de ses parents, son ami, toujours présent aux formations et qui est devenu formateur, lui rapporte les avantages ainsi que les aménagements nécessaires pour une bonne production. Jean-Baptiste en parle à son père mais, catégorique, celui-ci lui défend de toucher à l’aménagement des rizières.

Le courage de défier son père et les traditions

L’année suivante, Jean-Baptiste a insisté et a fait un défi avec son père : lui permettre d’utiliser une de ses parcelles pour y mettre des poissons avec l’aménagement requis ; en cas d’échec, il lui versera le prix de la différence de quantité de riz que la rizière a produit par rapport à l’année précédente. Son père, toujours réticent, a accepté face à sa persévérance. Jean-Baptiste a sollicité un appui beaucoup plus soutenu de la part de son ami. Le cycle terminé, il a réussi à démontrer à son père que, non seulement, il a récolté une quantité plus importante de riz par rapport à l’année dernière, mais aussi, a obtenu 5 kg de poisson.

Le courage de défier son père et les traditions

Un an plus tard, Jean-Baptiste a suivi aussi une formation sur la production d’alevins étant donné que sa zone en est déficitaire. En 2014, avec l’appui de son père, Jean-Baptiste a pu faire grossir 500 alevins sur une surface de rizière plus grande et a écoulé sa production d’environ 20.000 alevins, à bicyclette, à l’intérieur et aux alentours de sa commune.

Il a rêvé depuis longtemps de maîtriser la couture mais faute d’argent, ses parents lui en ont privé. A présent, il a pu s’inscrire et suivre les cours dans un centre de formation professionnelle en couture à Antsirabe maintenant que les alevins ont tous été écoulés à temps.

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